Politique-Présidentielle 2023 : L’opposition en panne d’un precurseur
Par Thierry Mocktar

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En appelant au retour dans l’arène politique (opposition) d’un des précurseurs de la démocratie gabonaise, en l’occurence Paul Mba Abessole, l’ancien « bagnard » de « Sans-famille », Bertrand Zibi Abéghé, n’a fait que traduire dans la réalité ce que le peuple gabonais estime tout bas de son opposition qui manque de charisme et d’un leader.

Des propos qui rejoignent un peu ceux prononcés avant lui par un autre ancien « taulard » de l’opposition, Roland-Désiré Aba’a Minko, qui avait recommandé à Jean Ping de mettre de l’eau dans son vin et de rencontrer le président Ali Bongo Ondimba. Les dés sont-ils déjà pipés, avant 2023, pour l’opposition ?
Si les propos de Bertrand Zibi Abéghé avaient été tenus par quelqu’un d’autre l’on aurait crié à l’instrumentalisation. Maintenant que cela est prononcé par un des leurs, dont les chefs ont ouvert les portes de leurs abbayes à sa sortie de prison laisse présager d’un camp qui manque de repères idéologiques. Afin de prétendre prendre part au scrutin présidentiel de 2023. Mais, il n’est jamais interdit de rêver. Le monde ne va pas réinventer le cycle de la roue. Cela est d’une évidence au Gabon. Où l’opposition ou ce qu’il en est d’appeler ainsi se concentre autour des anciens barons du régimes et de leurs affidés comptables, dans la grande majorité, de la décrépitude du pays. Peut-on un seul instant désavoué une gouvernance dans laquelle l’on a été des années durant partie prenante sans reconnaître sa part de responsabilité ? A moins de faire dans une forme de désinvolture de sarcabande.

Bertrand Zibi Abéghé a parfaitement raison, au regard du manque de vision progressiste, du manque de confiance en soi et d’un manque de pragmatisme programmatique qui font considérablement défaut aux personnes qui se sont autoproclamées leaders de l’opposition. Un machiavélisme béat qui laisse tant à désirer.

Ces derniers auront certainement compris que ce qu’ils entreprennent actuellement ou entreprendrons prochainement n’est qu’un mélange de haine et de mécontentement à l’égard du pouvoir. Dont on accuse constamment des griefs de détournement. Mais qui n’a pas détourné de l’État gabonais ou encore bénéficier de biens sociaux ou de promotions faramineuses induites ? Ouvrir cette parenthèse pour le pouvoir équivaudrait à l’ouverture des portes du pénitencier à toute la horde de prétentieux qui garnit les rangs de l’opposition où il n’ya que des saints et donneurs de leçons de démocratie et de gouvernance politique. Et c’est là où l’on cherche la petite bête sur la tête du pouvoir qui l’aparfaitement compris en criant à une « chasse aux sorcières ».
Alors même qu’un leader du même bord politique reconnaissait publiquement : »nous à notre époque nous volions avec des pelles bêches. Aujourd’hui, c’est à la tractopelle ». Un tel aveu sidéral mérite le châtiment suprême bien évidemment. Mais l’on est au pays de la tolérance.

René Dumont dans son best-seller : »L’Afrique noire est mal partie » n’a pas eu le tort de dénoncer l’industrialisation précoce du continent au moment où celui-ci n’était pas assez préparé.
En accédant la gestion des affaires publiques, durant les périodes 70-80-90 et même 2000 pour certains, au moment où il n’était pas suffisamment expérimenté, les acteurs qui se réclament de l’opposition aujourd’hui ont entrouvert une chaîne de détournement et de gabegie favoriser par l’extrême impunité dont ils bénéficiait grâces aux ragots et formes de chantage dont ils s’illustrait auprès du pouvoir d’alors pour faire croire que le peuple était contre ce pouvoir. Tout flatteur vit au depens de celui qui l’écoute. Et il en a été ainsi des années durant.

En effet, la démarche de Bertrand Zibi Abéghé aupres du directoire du Rassemblement pour le Gabon (RPG) afin de solliciter une rencontre avec Paul Mba Abessole, traduit d’une déception généralisée que les gabonais ont de leur opposition qui œuvre dans la désinvolture et la forfaiture quotidienne.
« J’ai rencontré un certain nombre de personnalite qui comptent pour notre pays. Et à mon humble avis, nous avons besoin aujourd’hui d’un timonier (…) et c’est le père Paul Mba Abessole », a affirmé Bertrand Zibi Abéghé.